mélodies en sous-bois
Plitvice, Croatie, le 10 mai 2006 - cliché traité par Neat Image
« En perdant ses dernières eaux limpides, celles dont on pouvait s’abreuver à même leur courant, la terre aura perdu comme son regard, son intelligence. » (Pierre Gascar, Les Sources)
Je suis resté de longues minutes à regarder cette eau couler. Elle semblait venir de nulle part et de partout. Ce chahut du fond de la terre, ce chœur de lumière dans l’obscurité de la forêt, cette présence vivante, vivace là où tend à régner l’engourdissement végétal… Cette prise de possession qui surgit, qui naît comme du néant, ressemble à ce que l’art n'aurait jamais dû cesser d'être : la restitution du mystère. Comment les hommes n’auraient-ils pas le sentiment que les sources de la musique, par exemple, ne leur appartiennent pas ? Et quelle peur de l’irrationnelle inspiration (appelons cela le génie) les conduirait à endiguer les jaillissements de l’âme par des chiffres - quotas, scores de vente ou subventions ?




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