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APRES LA LETTRE

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mars 2008

candeur

Margaux_clement_copy

Margaux (& Clément), Roissard, Isère, le 30 mars 2008

 

"Faite dans cette matière de paradis... l'enfance...
l'oeuvre la plus belle de l'homme en son recommencement
d'où s'élèvent les destins vers la joie... les heurts d'être, les pleurs,
à l'image des civilisations passées sur la Terre,
qui s'y seront peintes à grandir sur ce fond d'espérance, de ciel plein,
avec le grand nuancier de l'expérience humaine
et qui toutes, à la fin, auront été des études de bonheur... bonheur..."

(Bernard Christin, Inédits)

un jour dans une vie

Vingt_ans

Roissard, Isère, le 30 mars 2008

la prison de mes peines

Geronimes

Monastère des Géronimos, Lisbonne, décembre 06

 

Les mains qui s’ouvrent pour retenir le ciel. Les premières gouttes de pluie étoilent la cour.

On se hâte.

Le thé noir et brûlant qui coule lentement dans la gorge. Je me tords les mains. Les heures passent sans qu’on les compte. Une drôle d’idée d’éternité vient avec l’absence.

Le regard se perd dans des pages au hasard. Parcourir Belle du Seigneur, se raccrocher à ce radeau d’encre et de papier. Il y a maintenant plus d’éclat dans le livre que dans la chambre.

L’amour commence toujours avant qu’on s’en aperçoive. Il nous dépasse quand on le vit et ne se termine jamais vraiment tout à fait à la fin.

L’amour m’a traversé.

Tout au bout des journées de pluie, souvent des flèches de soleil dardent les nuages. Certains voient dans ce tournoi de lumières un signe d’espoir. Mais c’est seulement un bal triste pour nous rappeler toute la douceur que le jour a sanglée - et qui s’effondre maintenant.

moments troubles

Ciel

Sierra de Andujar, janvier 2008


Notre croissance économique est au point mort et nos dirigeants, petits cachottiers, ont ficelé le budget 2008 sur des hypothèses sinon fallacieuses, du moins erronées. Croissance en berne, qu’allons-nous faire pour financer les dépenses publiques et préserver sans casse notre modèle social? Appeler Attali à la rescousse, c’est déjà fait : les recettes préconisées par sa chère commission ne plaisent pas aux Français, c’est le moins qu’on puisse dire. Et avant qu’une quelconque politique de relance stimule réellement l’économie, nous nous serons déjà fait tirer l’oreille par l’Union européenne.

Maintenir la dette publique à moins de 3 % du PIB en vertu du pacte de stabilité, voilà qui semble aujourd’hui du domaine de l’impossible sans une coupe franche dans certains postes. Car il est exclu de relever les impôts avec ce glutineux problème du pouvoir d’achat. La marge de manœuvre fiscale du gouvernement est d’autant plus étroite que le taux de prélèvements obligatoires se hisse déjà parmi les plus forts au monde.

Ce n’est pas l’environnement économique international, contaminé par la crise financière américaine, qui va ouvrir de nouvelles perspectives. N’en déplaise à d’indéboulonnables optimistes qui assurent que les grandes crises sont désormais derrière nous (les ultra-libéraux persistent à accorder leur confiance au marché et à lui seul), nous voici engagés dans une impasse aux murs étroits. Les circonstances démographiques parviennent à peine à égayer ce décor : c’est grâce au papy-boom que le chômage se réduit, mais comment peut-on expliquer la grande précarité de ces nouveaux emplois, sinon par l’incertitude économique persistante ?

Dans ce brouillard vient s’ajouter une nouvelle crainte : le péril écologique. L’eau, l’air, le climat, l’énergie pèsent sur le moral des troupes, consommateurs autant que dirigeants. L’environnement a un coût dont on commence à peine à mesurer l’incidence économique. Incidence structurellement positive en partie : la marchandisation de la protection de l’environnement pourrait bien être l’un des grands moteurs de la croissance de demain. D’ici là, il nous faudra trouver les ressources pour financer la recherche de nouveaux procédés de dépollution et de production d’énergie. L’innovation a besoin d’argent public pour s’amorcer. C’est l’histoire du serpent qui se mordait la queue…

autoportrait au sang froid

Ctenophorus

Dragon à queue annelée (Ctenophorus caudicinctus macropus), Glen Helen, Northern Territory, Australie, août 2007


C'est un désert qui commence avec le sourire d'un lézard. Je m'accroche à ma roche, je m'ensable, je m'écaille. Je médite, je m'évite. Je me restaure derrière les stores, où le jour raye les murs comme les barreaux du prisonnier. Dans ma geôle tout gèle. Le sang sédimente, s'extrudent les certitudes. Ventre à terre, je rampe à tout rompre. J'attends du soleil son marteau pour clouer mes ombres au pilori. Il en connaît un rayon, lui, sur l'art d'assommer les mouches.   


(l'autoportrait à la plume est ici)

le quatrième jour

Domene2_copy_2

Domène, Isère, le 24 mars 2008

le troisième jour (après la passion)

Cordoue

Cordoue, janvier 2008


L'amour, le désir, la volupté, les jouissances : il n'y a Pâques ça dans la vie.