Guanacos - Lama guanicoe, Péninsule Valdès, Argentine, le 23 août 06
Un de ces jeux égotistes qui circulent sur les blogs et
dont je suis peu coutumier. C’est à l’invitation d’Ex-tirp et je m’y plie de
bonne grâce, surtout pour ne pas casser la chaîne. Le principe est de révéler
cinq traits de sa personne, ses goûts, ses couleurs et ses marottes, que les
lecteurs devaient en principe ignorer jusque là. Cinq scoops sur le maître des
céans : c’est audacieux et encombrant, et je suivrai pour rester léger la
petite digression introduite par Ex-Tirp, à savoir que parmi ces cinq
affirmations et anecdotes se glisse aussi une fausse confidence…
- Je suis fan de James Bond. Vous dire pourquoi serait trop long
et renverrait sans doute à une psychanalyse complexe. Ca m’a pris il y a
quelques années à peine, en sirotant un Martini frappé, et cette vive curiosité
résiste au temps. « Il y a certainement des raisons, des raisons
profondes, mais c’est sans importance », pour citer Johnny Hallyday justifiant sa passion pour
Hamlet. Je m’amuse régulièrement à décortiquer la saga cinéma du héros de Ian
Fleming. J’ai presque tous les DVD, et certains même en deux versions – à
l’occasion de Casino Royale, MGM vient de ressortir l’intégrale
remasterisée et avec de nouveaux bonus, les bougres.
- D’une façon plus générale, je cultive un grand amour pour les
navets au cinéma. Quand je ne vais pas dans les salles obscures (le dernier,
c’était The Holiday, avec Cameron Diaz, et ça a au moins le mérite
d’être honnête dès le titre : le scénariste du film était effectivement en
vacances), on m’offre les DVD de films tout aussi légumineux, avec des monstres
en caoutchouc animés par des câbles de téléphérique et des soucoupes volantes
en bois. Mon frère m’a glissé Die, Monster, Die sous le dernier sapin de
Noël et j’en meurs encore de rire. Pas revanchard pour deux sous, j’ai rétorqué
avec Bons Baisers de Hong-Kong, des fantastiques Charlots (les vrais,
pas le cabotin à la canne), pour son anniversaire.
- J’ai commencé ma carrière de journaliste comme pronostiqueur
pour le tiercé. Je travaillais dans un quotidien régional, sur un bout de table
partagée avec la préposée aux horoscopes et le nécrologue. Nous étions très mal
payés, mais nous avions au moins la possibilité d’aiguiser notre plume. Et puis
on s’amusait bien : il nous arrivait d’échanger nos rubriques à l’insu du
rédac’chef. On n’y allait pas toujours avec le dos de l’écuyère et les lecteurs
ont fini par monter sur leurs grands chevaux. Les actionnaires du journal ont
pris le mors aux dents et nous avons été virés tous les trois, dans le
désordre. J’ai profité de cette période de vaches maigres pour descendre
l’Amazone en pirogue – un voyage épique.
- Petit, j’étais un grand rigolo. J’étais notamment fasciné par
la vitrine d’un magasin de farces et attrapes, rue Montorge à Grenoble. Un jour
de l’été 1977, cinq francs en poche et désoeuvré, j’ai acheté mon premier kit
de boules puantes. Bravement, j’en ai fait rouler une sous le guichet du bureau de
poste de mon village. Sentant la menace d’une fuite de gaz, les employés des P
& T se sont aussitôt empressé d’appeler les pompiers… Ma première
apparition (non signée) dans un journal : le sort en était jeté.
- J’ai le bricolage dans la peau. Incapable de planter un clou
sans trouer le doigt avec. Toujours à inventer, à la recherche de subtiles
dissymétries, je monte mes meubles à l’envers et provoque d’astucieux
courts-circuits quand il faut changer une ampoule. En trafiquant les fils
électriques de la cuisine, j’ai même créé un système de va-et-vient
sportif : il faut appuyer sur deux interrupteurs, éloignés de cinq mètres,
pour éteindre ou allumer le plafonnier. Qui ne s’allume plus du tout depuis des
semaines, puisque l’ampoule est grillée (et plus grillée que mes œufs au plat,
c’est dire).
C’est fini. Et c’est tant mieux parce que je ferai pas ça
tous les jours. A vous les studios : Ardalia, La Vita Nuda, Anne V.,
Daltonien, Nziem par exemple, hein ?
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