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APRES LA LETTRE

Portugal

un soin particulier

Le_boucher

Lisbonne, décembre 2006

 

Souvent, je me suis attardé devant les magasins, essayant de capter une peu de la vie quotidienne lisboète. "Dis-moi comment tu achètes, je te dirai qui tu es". Le plus improbable, ce fut l'apparition de ce boucher propre comme un sou neuf, et jusqu'au bout des ongles, au coeur d'un quartier délabré. Sa blouse blanche renvoyait tout l'éclat d'un ciel fantasmé.

un pont à la ligne

Le_pont_2

Lisbonne, décembre 2006

 

Relier le monde, est-ce rapprocher les Hommes? Est-ce que le quadrillage des territoires facilite la solidarité, est-ce qu'on fait avancer les continents vers des lendemains qui chantent l'amour? Je vois toujours, à travers ces ponts, ces routes, sur ces lignes tirées comme des flèches, des accélérateurs de particules, produisant toujours plus d'entropie : de l'énergie pour traverser l'Histoire un peu plus vite, des faux-fuyants pour oublier que nous ne savons pas aimer ici et maintenant.

la prison de mes peines

Geronimes

Monastère des Géronimos, Lisbonne, décembre 06

 

Les mains qui s’ouvrent pour retenir le ciel. Les premières gouttes de pluie étoilent la cour.

On se hâte.

Le thé noir et brûlant qui coule lentement dans la gorge. Je me tords les mains. Les heures passent sans qu’on les compte. Une drôle d’idée d’éternité vient avec l’absence.

Le regard se perd dans des pages au hasard. Parcourir Belle du Seigneur, se raccrocher à ce radeau d’encre et de papier. Il y a maintenant plus d’éclat dans le livre que dans la chambre.

L’amour commence toujours avant qu’on s’en aperçoive. Il nous dépasse quand on le vit et ne se termine jamais vraiment tout à fait à la fin.

L’amour m’a traversé.

Tout au bout des journées de pluie, souvent des flèches de soleil dardent les nuages. Certains voient dans ce tournoi de lumières un signe d’espoir. Mais c’est seulement un bal triste pour nous rappeler toute la douceur que le jour a sanglée - et qui s’effondre maintenant.

A Lisbonne, les vieilles dames courent les rues

Point_de_passage

Lisbonne, quartier de l'Alfama, une fin d'après-midi de décembre 2006

 

Et les hommes grillent leur ennui. C'est probablement dans cette ville que j'ai vu le plus grand nombre de fumeurs.

[Je voulais photographier la dame courbée qui grimpait la rue, un peu de cette manière. Et soudain l'homme à la cigarette est sorti de l'immeuble...]

le retour des morts-vivants

Chucky

Tête de poupée plantée sur la proue d'une barque de pêcheur, port de Cascais, Portugal, le 30 décembre 2006


Les magazines municipaux mettent les petits vieux en couverture, les élus du cru font la tournée des hospices et l'Elysée annonce une prochaine augmentation du minimum vieillesse. Il ne fait aucun doute : les élections approchent en France. Vous reprendrez bien de mon bulletin de vote, mamie Germaine?


top albums 2007

Concert_filtered

(Concert du 1er janvier 2007, Lisbonne, place du Commerce)


1 - BURIAL : Untrue. Ovni soit qui mal y danse.
2 - TORD GUSTAVSEN : Being there. Eloge de la retenue.
3 - JONI MITCHELL : Shine. Beau.
4 - BABYSHAMBLES : Shotter's nation. Fringues & Flingue
5 - I AM JOHN : Loney, noir. Les Midlake de 2007.
6 - THE CINEMATIC ORCHESTRA : Ma fleur. Jardin d'hiver.
7 - THE SHINS : Wincing the night away. Et la lumière fume...
8 - RUFUS WAINWRIGHT : Release the stars. Ciel, de la pop !
9 - WILCO : Sky blue sky. Blue suede lose...
10 - ROBERT WYATT : Comicopera. Bourru sauvé des os.


Ratés cette année (flemme, mauvaise foi, acte manqué, cor au pied, piscine etc.):

ANIMAL COLLECTIVE, RADIOHEAD, PJ HARVEY, BENJAMIN BIOLAY, ARCADE FIRE, BUGGE WESSELTOFT, DAY ONE...


Plus jolie découverte posthume :

THE ZOMBIES : Odessey and oracle (1968). Des mélodies comme s'il en pleurait...


Massacres à la tronchonneuse :
1 - FLORENT PAGNY CHANTE BREL. Ensemble, tout est possible...

2 - MIKA : Life in a cartoon movie. In-sup-por-ta-bleuh.

3 - JAMES BLUNT : All the lost souls. "You"re just awful, just awful..."

4 - DAFT PUNK : Alive 2007. Si au moins c'était vrai.

à la croisée des pentes

La_descente

Lisbonne, le 28 dec. 06


J’ai revu les ruelles, rêvé de ses recoins, vénéré les venelles. J’allais sans te voir venir.
Devançant tes devantures, j’ai arpenté ta galerie de contre-mine. Me défilant sous tes contours. Me faufilant vers tes impasses.
A ton buste de caryatide soulevant l’air, j’ai préféré le bas-relief des trottoirs en tesselles.
Tes archipels disloqués collent au glacis de mes sommeils : les pièces dérivées des banquises font au moins frémir mes semelles.