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APRES LA LETTRE

rouge

prendre ses distances

Nacre

Damier sp. sur Orchis pourpre, Saint-Jurs, Alpes-de-Haute-Provence, le 8 mai 2008


On voudrait être un papillon. Savoir se poser léger près de l’amour, s’ébahir de frôlements d’elle. Etre capable de freiner la rotation immense de l’étreinte pour mieux mesurer toute la gravité de son orbite et parcourir sa courbe émouvante. Mais l’amour au présent ne se contente pas d’à-côté ni de légèreté. L'amour est à vivre, non à contempler. Réussir à s’émouvoir de toutes ses vagabondes résonances, c’est déjà s’en détacher. Faut-il froisser le cœur et ébrécher ses certitudes, faut-il regretter tant de gestes chers et de vibrants baisers pour goûter enfin à tout ce que fut l’histoire ?

du bleu au rouge

Trefle

Trèfle incarnat (trifolium incarnatum), Montvendre, Drôme, le 3 mai 2008

 

Le hasard des reportages, quel beau métier je fais, m'a conduit la semaine dernière dans une toute nouvelle librairie à Grenoble, les Modernes. En farfouillant dans les rayons à l'étage, je suis tombé sur ça : "J'ai ce que j'ai donné", un recueil de lettres de Jean Giono écrites dès l'âge de 5 ans et jusqu'au jour de sa mort, exhumées et annotées par sa fille Sylvie. Les quelques pages parcourues ce week-end ont confirmé mon attachement à cet auteur. La musique gaie de ses mots, ses phrases pliées de malice et l'immense humanisme qui s'en dégage, on les retrouve intacts dans les lettres qu'il adressait à ses parents, sa famille et ses amis.

J'ai noté plein de noms de villages et de hameaux cités dans ses lettres : là où il a aimé, là où il a écrit, là où ses amis l'attendaient. Je sais depuis à peine un an qu'Aubignane n'existe pas, mais j'ai bon espoir de découvrir d'un peu plus près quelques bornes millaires du long chemin de sa vie, entre Banon, Forcalquier et Valensole. Vivement jeudi !

Giono


 

après Romans

Romans

Romans-sur-Isère, Drôme, le 19 avril 2008

Merci encore à vous tous, chers lecteurs, pour m'avoir envoyé là-bas. J'ai découvert pendant deux jours l'univers d'un festival dédié, comme son nom l'indique très exactement, à l'expression sur Internet. Bravo aux lauréats et en particulier à Sandrine, vainqueuse de la catégorie dans laquelle j'ai vainement tenté de pousser la notoriété d'Avant La Lettre. Moi, j'avais ma très nette préférence pour Maripositas, parce que j'estime que dans la catégorie Photos, on se doit de savoir faire des images qui donnent du sens et qui distillent de l'émotion. Mais il me fut dit en coulisses, et cette remarque valut d'abord pour moi, que des photos sympas et des textes sans faute d'orthographe, tu comprends, ça ne fait pas forcément un bon blog. Il était temps qu'on me l'apprenne, à quarante ans passés à mon âge qui est le mien, pffiou ! Quoi qu'il en soit, j'ai été très heureux de faire la connaissance de certains d'entre vous, Morena d'abord et doncques (vuelves quando quieres), et puis Cali Rise, qui tient avec passion un excellent webzine, et Nefisa, et Zoridae, et Balmeyer, et la mystérieuse maman de Sophie, de bien jolies plumes que tous ceux-là, et les autres photograffes amateurs, dont la joyeuse bande des trois, Jean-Pierre, Macewans et Bandolera. Ravi aussi d'avoir enfin réussi à papoter avec mon pertinent voisin. Pardon à celles et ceux que j'oublie.

Et sinon :

- Le cocktail de clôture fut bien meilleur que les jus bio de la veille, comme quoi, le bio, hein,

- Il a plu samedi mais la résurrection inopinée et provisoire de Jibé a égayé le ciel,

- Romans-sur-Isère, c'est à quatre-vingt bornes de chez moi, je ne connaissais pas et c'est pas mal. Les platanes sont bien taillés devant la mairie,

- Je n'ai participé à aucun débat ni table ronde, parce que quoi qu'on dise, c'est souvent autre chose,

- Je recherche des poissons rouges. J'ai déjà l'aquarium, je voudrais apprendre à les photographier. Nan, j'rigole... Je pars les pécho moi-même.

(tu as vu ami lecteur, comme je sais causer blog, maintenant? Stönich, nein?)

dans mon plumier (28)

Talve

Talève australe (Porphyrio melanotus), marais de Mareeba, Queensland, Australie, août 2007

 

un pont à la ligne

Le_pont_2

Lisbonne, décembre 2006

 

Relier le monde, est-ce rapprocher les Hommes? Est-ce que le quadrillage des territoires facilite la solidarité, est-ce qu'on fait avancer les continents vers des lendemains qui chantent l'amour? Je vois toujours, à travers ces ponts, ces routes, sur ces lignes tirées comme des flèches, des accélérateurs de particules, produisant toujours plus d'entropie : de l'énergie pour traverser l'Histoire un peu plus vite, des faux-fuyants pour oublier que nous ne savons pas aimer ici et maintenant.

autoportrait au sang froid

Ctenophorus

Dragon à queue annelée (Ctenophorus caudicinctus macropus), Glen Helen, Northern Territory, Australie, août 2007


C'est un désert qui commence avec le sourire d'un lézard. Je m'accroche à ma roche, je m'ensable, je m'écaille. Je médite, je m'évite. Je me restaure derrière les stores, où le jour raye les murs comme les barreaux du prisonnier. Dans ma geôle tout gèle. Le sang sédimente, s'extrudent les certitudes. Ventre à terre, je rampe à tout rompre. J'attends du soleil son marteau pour clouer mes ombres au pilori. Il en connaît un rayon, lui, sur l'art d'assommer les mouches.   


(l'autoportrait à la plume est ici)

dans mon plumier (27)

Ptilope

Ptilope à diadème - rose-crowned fruit dove (Ptilinopus regina), Magnetic Island, Qld., août 2007